L’impact du bruit sous marin sur la faune marine : COHABYS répond !

21 mai 2021 ADERA Cellules & Plateformes Nouvelle-Aquitaine Recherche Retour

L’ONG IFAW (Fonds international pour la protection des animaux, organisation mondiale à but non lucratif qui aide les animaux et les hommes à cohabiter harmonieusement) a proposé un film documentaire SONIC SEA qui suscite à chacune de ses diffusions de nombreuses questions.  Afin d’y répondre, et pour faire suite au guide sur le bruit sous marin publié par le Ministère de la Transition Ecologique sorti l’été dernier,  un collectif d’expert a développé une foire aux questions autour de la question de l’impact du bruit sous marin sur la faune marine.  Ce projet a été initié par RespectOcean (Réseau d’acteurs engagés pour un développement économique durable en faveur de l’océan) et IFAW.

Ludivine Martinez, Responsable de Cohabys et partie prenante du collectif d’experts (animé par le Ministère de la Transition Ecologique et le Ministère de la Mer) autour de la thématique du bruit sous-marin, nous en parle : « D’une manière générale, ces initiatives montrent la réelle prise de conscience autour de la pollution sonore sous marine mais soulèvent également des questions scientifiques et réglementaires pour améliorer sa prise en compte à une échelle adaptée. »

Quelques exemples très intéressants de question-réponse :

Il existe des sanctions du côté de la pollution (hydrocarbures) en mer, existe-t-il des sanctions pour la pollution sonore ?
Il existe des sanctions aux Etats-Unis, au Canada. Des sanctions devraient arriver en France, dans l’Union européenne (UE). Côté navires, il n’y a pas de sanction, simplement des lignes directrices non contraignantes de l’Organisation Maritime Internationale (OMI) pour les constructeurs et les armateurs. Pour cela, il faudrait définir des seuils par type de navire et surtout avoir les moyens de contrôler ces seuils. Or, il existe plusieurs obstacles réglementaires et environnementaux :
• il existe des systèmes bruyants d’éloignement des animaux qui équipent notamment les navires
de pêche;
• de récentes études démontrent que la réduction de la vitesse peut “dans certains cas” être synonyme d’augmentation de la cavitation et donc du bruit.
Ces deux exemples d’obstacles montrent que l’élaboration d’une règle contraignante et sanctionnée par l’OMI demeure très complexe.

En Méditerranée, les jet skis ont créé de gros problèmes de bruit l’été en 2020. Les gens comprendront facilement si une campagne de sensibilisation est lancée l’été ! Il y a deux points sur les jet skis : la vitesse et le bruit.
• Pour la vitesse, cela met déjà en danger le pilote lui même. C’est déjà un début pour réfléchir à des régulations possibles (comme cela a été fait sur les trottinettes électriques à Paris par exemple).
• Pour le bruit, il faut noter que le bruit aérien est plus important que le bruit sous-marin.
• Il y a un troisième point, ce sont les bulles générées dans le sillage qui sont une pression supplémentaire sur le vivant marin.
La population de grand dauphin est impactée par ces activités.
Des programmes sont en cours à l’Université de Toulon pour en (re)démontrer l’impact.

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